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Représentant des retraités de la White Birch: On se sent volés

16 janvier 2012

- Parlez-nous du climat chez les retraités de l’usine…
Gilles Bédard : La minute est critique. On ne sait pas ce qui va arriver. Je peux vous dire que le téléphone sonne souvent au comité de retraite.

- Vous craignez des tragédies pour certains retraités ?
Absolument. On a des retraités qui sont partis il y a 20 ans et qui ont une rente de 10 000 $ de l’entreprise. Si cette rente passe à 6000 $ tout d’un coup, ce sera très difficile pour eux d’y arriver. Ce sont des gens qui ont 80 ou 90 ans et qui dépendent du gouvernement pour le reste de leurs revenus. On a vu des suicides et des dépressions découler de ce genre de situation.

- Quel est le sentiment général chez les retraités?
On se sent trahis, volés. En 1987, on avait accepté de très faibles augmentations de salaire en retour d’une bonification du régime de retraite. On a versé une bonne part de nos salaires dans ces régimes, à la suite d’ententes de bonne foi avec l’employeur.

- Qui cotisait le plus entre l’employé et l’employeur?
Traditionnellement, la cotisation était répartie à 50-50 entre les deux. Mais dans les dernières années, c’est l’employeur qui a le plus cotisé, à cause des rendements très faibles des marchés.

- Que vous inspirent les derniers développements?
Quand je suis entré à la papetière en 1963, le régime de retraite n’était pas très avantageux. C’est au début des années 1980 que ça a commencé à changer. Aujourd’hui, on veut nous enlever tous ces acquis.

http://argent.canoe.ca/lca/affaires/quebec/archives/2012/01/20120116-065611.html